ATTENTION FRAGILE

Attention Fragile est née d’un doute, d’un désir de recherche, qui s’est d’abord traduit par trois ans d’un travail “confidentiel”. Ils succédaient, pour Gilles Cailleau, le directeur artistique, à 10 ans de travail en compagnie, et voulaient, en prenant le temps et le risque de la recherche (un risque réel qui consistait à se jeter à l’eau sans savoir si on avait pied !), voir comment les relations acteurs-spectateurs pouvaient fonder le propos artistique d’une création.

Après ces trois ans de pur chantier, des formes artistiques sont nées, suffisamment claires pour que la compagnie considère qu’il était juste de les défendre et de continuer, encore et toujours, de chercher dans ce sens. D’autant plus que les programmateurs (de l’office municipal de la culture aux scènes nationales, en passant par les centres nationaux des arts de la rue, les scènes conventionnées) nous poussent, par leur confiance, à continuer dans ce sens.



Notre recherche s’appuie donc sur 3 axes : la recherche d’une scénographie déterminante pour le propos défendu, élaborant un lieu à chaque spectacle qui invente une nouvelle relation aux spectateurs. La revendication d’un travail transversal, empruntant leur force à la rue, au cirque, au théâtre, sans renoncer aux exigences propres de chacun de ces arts. Et, par voie de conséquences, la constitution d’une équipe, elle aussi transversale, réouverte et donc, requestionnée à chaque création.

Historiquement liés au cirque (puisque Gilles Cailleau a enseigné à l’École nationale de Cirque de Chatellerault, est intervenu au CNAC et continue d’enseigner dans diverses écoles, dont le centre des arts du cirque de Lomme), c’est son langage spécifique et ce qu’il peut apporter au langage théâtral qui nous intéresse.

Associés aux arts de la piste, au théâtre itinérant et aux arts de la rue, nous revendiquons, au regard de la rue, d’investir des espaces publics non dédiés aux spectacles, tout en restant dans un rapport de « contrat » au spectateur, qui l’invite à accepter de prendre du temps, de « s’enfermer » avec nous.

Quant au théâtre itinérant (nous sommes membres du Citi), nous en mesurons jour après jour dans notre activité, les richesses (la multiplicité des publics, les projets d’action culturelles mariés aux représentation, les installations durables…), mais aussi le piège qui guette toute création en chapiteau, à savoir le poids structurel (montage, conditions extérieures…) qui pourrait petit à petit « fatiguer » la création, la rendre moins pertinente.

C’est avec cette vigilance, que nous sommes très attentifs à faire de la création, de la recherche, de l’exploration d’une esthétique, le centre de cette aventure artistique.